Convention de La Haye du 5 octobre 1961
Apostille de documents français
L’apostille rend un document public français valable dans les 130 pays parties à la Convention de La Haye. Depuis mai 2025, elle n’est plus délivrée par les cours d’appel mais par le notariat.
Ce que l’apostille certifie — et ce qu’elle ne certifie pas
L’apostille est un cachet officiel apposé sur un document public français. Elle atteste trois choses, et trois seulement : l’authenticité de la signature portée sur l’acte, la qualité en laquelle le signataire a agi, et l’identité du sceau ou timbre dont l’acte est revêtu.
Elle ne dit rien du contenu. Un acte apostillé n’est pas un acte validé, vérifié ou approuvé : l’autorité qui appose l’apostille ne lit pas le document. C’est une confusion fréquente, qui conduit des demandeurs à croire qu’une apostille corrigera un acte erroné ou périmé.
Le formulaire est normalisé au niveau international : dix champs numérotés, identiques dans tous les États parties. C’est ce qui permet à une administration étrangère de la reconnaître sans connaître le droit français.
Qui délivre les apostilles françaises depuis 2025
Le 1ᵉʳ mai 2025 a marqué un changement de fond. Les apostilles, historiquement délivrées par les procureurs généraux près les cours d’appel, relèvent désormais du notariat : 15 conseils régionaux et chambres interdépartementales de notaires se répartissent la compétence sur le territoire.
Le 1ᵉʳ septembre 2025, les légalisations ont suivi le même chemin. Les deux formalités sont donc aujourd’hui traitées par les mêmes centres.
Conséquence pratique : toute information, tout guide ou tout formulaire mentionnant une cour d’appel est périmé. Une partie du web francophone n’a pas encore été mise à jour, ce qui envoie encore des demandeurs vers des guichets qui ne traitent plus ces demandes.
Les conditions de recevabilité
C’est là que se jouent la plupart des refus. Un dossier rejeté n’est pas un dossier perdu, mais le délai repart de zéro et l’acte doit souvent être redemandé auprès de son émetteur.
Les points contrôlés varient selon le type d’acte, mais quatre reviennent systématiquement : la date de délivrance, généralement inférieure à trois mois ; l’absence d’annotation manuscrite ; la présence du sceau de l’autorité émettrice ; et l’identification complète du signataire — prénom, nom, qualité, signature manuscrite.
S’y ajoute un critère moins connu : le signataire doit être référencé dans la Base nationale des signatures publiques, qui permet au centre notarial de vérifier sa signature. Un acte signé par un agent non référencé demande une vérification supplémentaire, et parfois un nouvel acte.
L’apostille électronique
Le notariat délivre en principe les apostilles sous forme électronique. C’est le changement le plus concret de la réforme : un document nativement numérique, signé électroniquement, peut être apostillé sans jamais circuler sur papier.
Concrètement, cela concerne l’extrait Kbis obtenu sur monidenum.fr, le bulletin n° 3 du casier judiciaire téléchargé en ligne, et les actes d’état civil délivrés par le service central de Nantes au format électronique. Pour ces documents, aucun envoi postal n’est nécessaire, ni à l’aller ni au retour.
En cas d’impossibilité matérielle, une délivrance sur support papier reste possible.
Prérequis par type de document
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il ?
Le délai officiel est de 3 jours ouvrés à compter du dépôt d’un dossier complet. S’y ajoutent notre vérification préalable et, pour les documents papier, l’acheminement aller-retour. L’option urgente est momentanément suspendue.
Mon document a plus de trois mois, est-ce bloquant ?
Pour les actes d’état civil et le casier judiciaire, oui dans la quasi-totalité des cas. Il faut en demander un nouvel exemplaire, ce qui est gratuit et rapide. Nous vous le signalons avant toute facturation.
Puis-je faire apostiller une photocopie ?
Non. L’apostille porte sur un original ou sur une copie certifiée conforme par l’autorité compétente. Il n’est pas possible d’obtenir une copie certifiée conforme d’une copie : il faut s’adresser à l’émetteur de l’acte.
Faut-il apostiller avant ou après la traduction ?
L’ordre dépend de l’exigence du pays destinataire. Le plus souvent, on apostille l’acte français, puis on fait traduire l’ensemble — apostille comprise — par un traducteur assermenté. Certaines administrations demandent une apostille sur la traduction elle-même. Précisez-le dans votre commande.
Informations vérifiées le 7 septembre 2026, d’après le tableau du droit conventionnel de France Diplomatie et l’état des ratifications de la Convention de La Haye du 5 octobre 1961.